qui est le RQui est Rabbi Shimon Bar Yo’haï ?

Il est sans doute l’un des sages les plus connus du talmud. Il est le rédacteur du Zohar. Découvrons cet homme totalement hors du commun…

D’après le Talmud, chaque fois que le nom de Rabbi Chimon est mentionné sans précision supplémentaire, il s’agit de Rabbi Chimon Bar Yo’haï. On le sait, il fut l’un des plus grands maîtres de toutes les époques, et l’auteur du Zohar.

Mais à quelle génération appartient-il ? Qui furent ses maîtres et quel fut son parcours ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir dans les lignes qui suivent.

Un texte du Talmud nous donne une première piste pour situer l’époque à laquelle il est né. Comme nous l’avons déjà précisé dans des divré-Thora précédents, c’est après la mort de Rabban Yo’hanan ben Zakkaï (3 833, 73 de l’ère vulgaire), que Rabban Gamliel II, appelé également Rabban Gamliel de Yavné, va remplir la fonction de dirigeant spirituel et effectif du peuple juif (Nassi, qui signifie Prince en hébreu), et directeur de l’Académie de Yavné.

Le Talmud (Bera’hoth 28) relate qu’une certaine rigidité de ce grand maître, qui se manifesta notamment à l’égard de Rabbi Yéhochoua, l’un des plus illustres élèves de Rabban Yo’hanan ben Zakkaï, suscita des dissensions au sein mêmes des grands Sages de l’époque.

Rabbi Chimon Bar Yo’haï, qui était l’un des élèves de la Yéchiva de Yavné posa une question sur une loi (hala’ha) concernant la prière du soir (arvith), qui déclencha une polémique. A la suite de ces événements, Rabban Gamliel de Yavné fut démis de ses fonctions.

  • Un monde désolé

Ces événements eurent lieu en l’an 3 835 (75 de l’ère vulgaire), c’est-à-dire sept ans après la destruction du Temple. Si Rabbi Chimon Bar Yo’haï était l’un des étudiants de Yavné à cette époque, il faut en déduire qu’il est né quelques années avant le ‘hourbane (destruction du Temple).

Nous savons également que son père, Yo’haï, était un homme influent après du pouvoir romain (cf. Talmud Pessa’him p.112).

Un deuxième texte du Talmud (Ketouboth 62b) raconte qu’au lendemain des sept jours de festivités (chéva bera’hoth) qui suivirent son mariage, Rabbi Chimon prit la route pour aller étudier auprès d’autres grands Maîtres.

Le Midrach fait une précision : il allait étudier auprès de Rabbi Akiva, dans sa Yéchiva de Bné-Brak. Il y resta treize ans (Midrach Vayikra Rabba 21-8).

Rabbi Chimon Bar Yo’haï fait d’ailleurs partie des cinq élèves que Rabbi Akiva forma dans sa vieillesse, qui succédèrent à ses 24 000 élèves qui décédèrent pour n’avoir pas manifesté suffisamment de respect l’un envers l’autre.

Ces tragiques événements se déroulèrent à l’époque de l’Omer, et c’est la raison pour laquelle on ne célèbre pas de mariage pendant cette période. Jusqu’à nos jours cette habitude perdure, en souvenir du deuil qui a frappé le peuple d’Israël à ce moment de l’année.

Rabbi Akiva était déjà très âgé à cette époque. Mais cette tragédie ne l’empêcha pas de poursuivre son enseignement. Le Talmud nous permet d’imaginer la situation dans le peuple juif après ce drame, en employant l’expression suivante pour la décrire : le monde était désolé  (vehaya haolam chamem), car faute de grands sages, la Thora allait être oubliée, comme l’explique Rachi (ibid.).

  • Des hommes qui reprennent le flambeau

Bien heureusement, Rabbi Akiva prit la décision de former de nouveaux grands maîtres dans le Sud d’Israël : Rabbi Méïr, Rabbi Yéhouda, Rabbi Yossi, Rabbi Chimon (Bar Yo’haï) et Rabbi Eléazar ben Chamoa.  

Ce sont eux qui ont repris le flambeau, diffusant la Thora reçue de Rabbi Akiva dans tout Israël (Talmud Yébamoth 62b).